Prix de la Liberté : Lisa Camara-Tassin

Concerne le livre : Oublie les mille et une nuits

 

Prix de la Plume : Léa Husson

Concerne le livre : La Parole de Fergus

Vendredi 01h20

Je me tournais et me retournais dans mon lit. Pivotant la tête pour examiner la petite horloge que j’avais achetée en Italie il y a deux ans de cela, je m’aperçus qu’il était déjà une heure du matin passée de vingt minutes. Youppie. J’allais encore passer une nuit blanche. Tant qu’à faire, autant l’occuper intelligemment… Le livre que ma mère était allée chercher à la bibliothèque pour le concours Ado-Lisant (haha le jeu de mot) était toujours sur mon bureau et j’avais l’impression qu’il me fixait d’un air narquois. Quatre jours qu’il était là j’avais toujours trouvé mieux à faire que de l’ouvrir. C’était le dernier qu’il me restait à découvrir mais le titre et la couverture ne m’attiraient pas vraiment. Pire, ils me rebutaient. La parole de Fergus. Qu’y a-t-il de passionnant dans ce titre ? Et la couverture, ce n’était pas mieux. Un dessin griffonné en blanc sur une photo brune et verte. Intéressant n’est-ce pas ? Non. Je n’avais réellement pas envie de le lire. Me roulant en boule sous la montagne de couverture que j’avais érigée par cet hiver glacial pour me protéger du froid, je tentai en vain de m’endormir. Soudain, un bruit. Le cœur battant plus vite qu’à l’accoutumée, je relevai la tête pour m’apercevoir que l’ouvrage que je n’avais pas encore ouvert était tombé par terre. Au lieu de m’inquiéter de ce phénomène que je jugeai surnaturel – oui je l’avoue, je suis très superstitieuse – je pris cette chute comme un défi. Eh le livre, alors comme ça tu crois que je ne suis pas capable de te lire ? J’en ai lu des plus compliqués et des plus longs que toi, ce n’est pas un bouquin de deux cent pages qui va m’effrayer ! Je sais, c’est débile de parler à un livre, même mentalement, mais je ne pus pas m’en empêcher. Je me levai en essayant de faire craquer le moins possible les lattes du plancher et ramassai ce fameux livre. En retournant m’installer confortablement dans mon lit bien chaud, je l’ouvris. Et j’avais ne pas avoir été déçue.

Vendredi 02h50

L’habit ne fait pas le moine. Il ne faut pas juger un livre à sa couverture (hum)… Toutes les fois où l’on m’a gavé de ces proverbes tous plus sages les uns que les autres ! Et encore une fois je me fais avoir. Ah mamy, j’aurais dû t’écouter au lieu d’envoyer tous ces sms ! La parole de Fergus. Moi qui croyais avoir affaire à un ouvrage désespérant de nullité, et je pèse mes mots, me voilà bien obligée de reconnaître que j’avais tort ! Je mentirais si je vous disais ne pas avoir versé une petite larme à un passage ou l’autre particulièrement émouvant. Je ne vous dirai pas ne pas avoir frissonné, ri ou espérer en même temps que le héros. Pas plus que je ne vous avouerai pas avoir murmuré quelques fois « Allez, vas-y ! » au même personnage. Je ne vais pas me la jouer bonimenteur en vous répétant continuellement que ce livre est génial, qu’il va changer votre vie etc. (mais je n’ai pas dit que ce n’était pas le cas !). Je solliciterai juste de vous de me croire quand je dis que ce livre mérite VRAIMENT la peine d’être lu.

C’était mon coup de coeur et j’espère bien vous l’avoir exprimé !

A bon entendeur, salut.

Alea jacta est.

Prix de l'Envolée : Elisabeth Mukendi

Concerne le livre : Oublie les mille et une nuits

Mon aimée,

Toi qui veux vivre de jours ensoleillés

Toi qui la nuit vis dans tes peurs

Toi qui te nourris de l’espoir que ta vie t’appartienne

Nous ferons de tes rêves des réalités

Sur ton visage se dessinera un sourire sans gêne

Et nous respirerons de l’ivresse de notre amour.

Ma douce,

Toi qui aspires à une vie parfaite

Toi qui apprendras de tes erreurs

Toi qui penseras tomber en miettes

Nous parviendrons à te relever

Le cœur plein de rancœurs

Et nous en ressortirons plus fort.

Mon ange,

Toi qui apprendras à faire confiance

Toi qui aimeras et seras aimée

Toi qui n’auras plus d’espérances

Nous tournerons la page sur le passé

Avec encore beaucoup d’impudence

Et nous volerons vers notre jeunesse encore proche.

Prix de l'Unité : Ségolène Bauduin

Concerne le livre : Mes deux Allemagne

Elle ne se sentait plus à sa place, elle avait oublié qui elle était. Laura déambulait dans les rues de Wavre, dans l’espoir de trouver un témoin, un objet qui lui dirait : « Pourquoi te fais-tu du souci ? Ce n’était qu’une blague cette limite ! » Mais elle savait que jamais ce miracle ne se produirait. La frontière Bruxelles-Halle-Vilvoorde était bel et bien là, la Belgique n’existait plus. Et la petite fille qu’elle était non plus.

Laura s’assit sur un banc et déplia la carte de l’Europe qu’elle avait trouvée dans un quotidien le lendemain de la séparation. Celle-ci représentait la Wallonie et la Flandre comme deux pays indépendants, deux taches oubliées et perdues au milieu des autres nations.

La fillette sentait que, autour d’elle, la ville commençait à s’éveiller doucement. Ce dimanche matin était radieux, mais le cœur de nombreux ex-belges restait dans la pénombre.

Laura finit par se lever du banc et continua d’errer dans la ville. Ce n’est qu’après quelque temps qu’elle se rendit compte que, tout à fais inconsciemment, elle avait marché dans la direction de la rue T. Hazard. C’était dans cette rue qu’avait habité Manon, la meilleure copine de Laura. Comme bon nombre de belges, sa famille avait déménagée quand elle avait appris que la Belgique deviendrait deux, il y a de cela tout juste un mois.

Laura évita cette rue qu’elle considérait comme triste sans Manon et rentra chez elle. Elle devait absolument faire sa valise pour la semaine, qu’elle passait toujours chez son père. Ses parents ont une origine différente : sa maman a toujours vécu à Wavre et son papa est né à Anvers. Lors de la mise en place de la frontière de Flandre et de Wallonie, son père à perdu son travail et n’a été accepté dans aucune entreprise francophone. Il a donc dû déménager et aller vivre dans sa région d’enfance pour décrocher un emploi.

Ainsi, après un week-end chez sa mère en Wallonie, Laura retournait en Flandre auprès de son papa. Elle termina de fourrer sa pile de vêtements dans sa valise quand elle se rendit compte qu’elle avait oublié quelque chose ; elle prit et mit, dans une poche secrète de son sac de voyage, la carte de la Belgique. La vraie Belgique, l’ancienne, la belle, l’authentique. Car, entre son papa flamand et sa maman francophone, entre son identité oubliée, ignorée même, elle restait avant tout belge…

Une trentaine d’années auparavant, Lilly, jeune allemande, se questionnait sur son avenir. Sa maman venait de mourir. Qu’allait-elle devenir sans un soutien familial autour d’elle ? La petite fille était seule derrière le rideau de fer. Son espoir se situait derrière cette frontière : la famille de sa tante y habitait. Arriverait-elle à passer le mur de manière inaperçue ? Car, même malgré sa conviction que toute personne humaine comprendrait, elle savait que l’autre Allemagne lui restait interdite…

Laura was op weg naar haar school, in Vlaanderen. Maar net zoals in Wallonië voelde ze zich niet op haar plaats.

Op school werd ze hartelijk ontvangen. Daar was een reden voor : ze had een pak brieven uit te delen aan de kinderen van haar klas. Die brieven kwammen allen uit Wallonië, van de familie of kennissen van de leerlingen. De meesten van hen had nieuws van die personen enkel dankzij de brieven dat Laura meekreeg van die Walloniërs. De kinderen waren natuurlijk heel blij als ze het meisje zag aankomen met een pak enveloppen. Maar natturlijk is het niet zoals vroeger. Vroeger, toen iedereen zo naar de andere helft van het land kon gaan om vrienden te gaan bezoeken. Nu mag dat niet meer, tenzij je een speciaal doorlaatpasje hebt net als Laura. Maar die krijg je enkel op speciale voorwaarden. Nu is niets meer zoals vroeger. Vroeger bestaat niet meer. België bestaat niet meer. En de belgen ook niet…

Ce qui pourrait se passer demain avec la Belgique et ce qui s’est passé avec l’Allemagne dans le passé ne sera certainement pas la situation que nous connaîtront en cas de séparation. La situation ne serait pas aussi extrême. Néanmoins, établir une petite comparaison ne peut pas faire de tort pour nous faire réfléchir. Elle nous permettrait de nous rendre compte que notre avenir ne serait pas meilleur en cas de séparation, certainement pas. Et puis ce mur, quand on y pense, ce n’est qu’un mur d’idées ! Et nos idées, elles devraient créer de nouveaux chemins, pas des frontières. Il est triste que les politiciens belges ne savent que se disputer. Il est triste que l’on considère les différences de langues comme un obstacle et non comme une richesse. Il est triste de savoir que l’Allemagne a évolué en détruisant son mur et que la Belgique aimerait se scinder pour évoluer.

Et au fond de notre cœur, nous serions tous tristes en cas de séparation. Tous.

Prix du Clair-Obscur : Charlotte Sermeus

Concerne le livre : L'étrange vie de Nobody Owens

 

Prix du Flot des Mots : Caroline Thiry

Concerne le livre : De l'autre côté de l'île

 

Prix du Happy End : Pauline Bouquieaux

Concerne le livre : Mes deux Allemagne

 

Prix du Scrapbooking : Pauline Boulanger

Concerne le livre : Brèves rencontres avec ma mère